« Libre de droits » est l’expression la plus trompeuse du métier. Elle ne veut presque jamais dire « sans droits ». Elle veut dire, selon les cas, « sans redevance à payer à chaque diffusion », « utilisable à condition de citer l’auteur » ou « gratuit sauf pour un usage commercial ». Pour un podcast d’entreprise, qui est par nature un usage commercial, la nuance change tout.
Les quatre situations qu’on rencontre
La première, c’est la musique libre de redevance achetée sur une banque de sons : on paie une fois (ou un abonnement) et on obtient une licence d’utilisation. Les droits existent toujours ; vous avez acheté le droit de vous en servir, dans les limites écrites dans la licence. Lisez-les : nombre de projets, durée, usage publicitaire, diffusion à la radio.
La deuxième, ce sont les œuvres sous licence Creative Commons. L’auteur garde ses droits mais autorise certains usages à l’avance, selon la licence choisie. C’est gratuit, et c’est là que les erreurs sont les plus fréquentes.
La troisième, c’est le domaine public : l’œuvre n’est plus protégée, ou l’auteur y a renoncé (c’est l’objet de l’outil CC0 de Creative Commons). Attention, un enregistrement récent d’une œuvre ancienne peut être protégé, même si la partition ne l’est plus.
La quatrième, c’est la musique d’une bibliothèque gratuite liée à une plateforme. Ses conditions valent souvent pour la plateforme elle-même et pas ailleurs. Une piste autorisée dans une vidéo publiée sur un service ne l’est pas forcément dans votre podcast diffusé partout.
Lire une licence Creative Commons
Six licences se combinent à partir de quatre mentions, d’après Creative Commons :
| Mention | Ce qu’elle impose |
|---|---|
| BY | citer l’auteur (toutes les licences l’exigent) |
| SA | partager les adaptations sous la même licence |
| NC | usage non commercial uniquement |
| ND | pas de modification ni d’adaptation |
Pour un podcast d’entreprise, la règle pratique est simple : écartez tout ce qui porte la mention NC. Votre podcast sert votre activité ; il n’est pas non commercial, même s’il est gratuit pour l’auditeur. Méfiez-vous aussi de ND si vous comptez couper la musique ou la mixer sous la voix : un fondu enchaîné sur une piste ND peut déjà poser question. Restent CC BY et CC BY-SA, qui demandent de citer l’auteur, et CC0, qui ne demande rien.
Citer correctement
Une citation se fait dans la description de l’épisode, là où l’auditeur peut la lire : le titre du morceau, le nom de l’auteur, la licence et un lien vers la source. Gardez aussi une trace de votre côté (capture de la page, date du téléchargement) : si l’auteur change sa licence plus tard, vous pourrez montrer celle qui s’appliquait au moment où vous avez pris la musique.
Composer ou commander son générique
Pour un générique que vous entendrez à chaque épisode pendant des années, l’option la plus sûre est souvent de le faire composer : une commande à un musicien, avec un contrat de cession qui précise les usages (podcast, vidéo, publicité, durée, territoire). C’est aussi le début d’une identité sonore propre à votre marque, qu’aucun concurrent n’aura choisie dans la même bibliothèque.
La vérification avant diffusion
Avant de publier un épisode qui contient de la musique, vérifiez quatre choses : l’usage commercial est-il permis, la modification est-elle permise, faut-il citer l’auteur et où, et avez-vous gardé la preuve de la licence ? Quatre oui, et vous pouvez publier. Le reste de la fabrication est détaillé dans notre guide pour créer un podcast d’entreprise.
Sources consultées
- About CC Licenses, Creative Commons, consulté le 05/11/2026.
